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Les studios d’enregistrement Abbey Road fêtent leurs 90 ans


Qu’on soit musicien ou non, tout le monde connait ou a déjà entendu parler des fameux studios d’enregistrement Abbey Road, avec toutes les légendes et enregistrements emblématiques qui en sont sortis. Les studios Abbey Road ont eu un impact considérable et ont laissé leur empreinte sur l’industrie musicale.

Mais saviez-vous que le légendaire complexe d’enregistrement londonien a également été le point de départ du développement d’un grand nombre de techniques d’enregistrement multipiste et d’effets, que les musiciens actuels considèrent comme acquis, et qui sont désormais disponibles en quelques clics de souris dans nos logiciels audionumériques ? Laissez-vous guider par Sonolight.fr dans les studios d’Abbey Road, au travers son histoire fascinante et l’innovation technologique qui l’anime encore aujourd’hui.

Le premier studio d’enregistrement au monde pour orchestre symphonique

Situé au numéro 3 d’Abbey Road, le studio éponyme était à l’origine une maison privée de 9 chambres à coucher construite en 1829 dans le quartier de St John’s Wood à Westminster, au nord-ouest de Londres. En 1928, la propriété a été achetée par la Gramophone Company, qui s’est immédiatement lancée dans un vaste projet de construction visant à la transformer en premier studio d’enregistrement au monde, capable d’accueillir un orchestre symphonique.

Doté d’un grand jardin, le site était parfait : proche des principaux lieux de représentation de Londres, il était suffisamment éloigné du bruit et des vibrations du trafic automobile et ferroviaire. Le HMV Studio (His Master’s Voice, une marque de Gramophone) a ouvert ses portes en 1931, baptisé par un concert de l’Orchestre symphonique de Londres dans le Studio One de « Land of Hope and Glory » dirigé par son compositeur, Sir Edward Elgar. La même année, la Gramophone Company fusionne avec la Columbia Graphophone Company pour former Electric and Musical Industries (EMI). Le HMV Studio devient le EMI Recording Studios, qui deviendra un leader mondial de la technologie d’enregistrement.

Années 30 : expérimentations et recherches sonores au coeur des préoccupations

Lors de la fusion, EMI s’est assuré les services d’un jeune et brillant ingénieur du son de Columbia, Alan Blumlein. Pendant plusieurs années, Blumlein a fait de nombreuses recherches sur le son stéréo, pour lesquelles il a obtenu un brevet britannique en 1933 (lire notre l’article sur la méthode d’enregistrement stéréo Blumlein).

stéréo blumlein

Continuant à mettre l’accent sur l’innovation technique, EMI a ensuite créé son département de développement de l’ingénierie du disque (REDD), qui, au cours des décennies suivantes, a joué un rôle déterminant dans la conception de magnétophones, de consoles d’enregistrement et d’équipements auxiliaires de pointe qui ont fait progresser l’état de l’art et fait entrer l’industrie du disque dans l’ère moderne du multipiste, et l’âge d’or de l’analogique.

Le travail des ingénieurs de REDD consistait à répondre quasiment en temps réel aux exigences des artistes et des producteurs, qui passaient dans le studio. De la demande naissait l’offre, avec une émulation fantastique entre ingénieurs techniciens, ingénieurs du son et musiciens.

Dans les années 40 à 60 : émergence et accompagnement de nouveaux styles musicaux

Si au début des années 40, le studio EMI travaillait surtout avec des orchestres classiques en raison de ses caractéristiques uniques au monde, sa réputation s’est étendue aux big bands et groupes de jazz dans les années 40 et 50. A la fin des années 50, le studio a accueilli la première vague de rockeurs anglais.

L’innovation s’est accélérée dans les années 1960, une nouvelle génération d’artistes exigeant une nouvelle technologie pour alimenter leur expérimentation sonore croissante. Bien sûr, aucune discussion sur les studios EMI ne serait complète sans un examen de l’influence massive des Beatles sur ce bouleversement technologique.

Changement de nom en « Abbey Road Studios » en l’honneur des Beatles

Chasseurs de sons intrépides et insatiables, les Beatles travaillaient dans une installation haut de gamme avec les meilleurs ingénieurs du son et techniciens, avec le meilleur matériel de l’époque, entièrement optimisé et customisé pour répondre à leurs besoins.

Au cours de la décennie, les Beatles enregistreront 190 de leurs 210 titres chez EMI. Le studio profitera de cette magnifique publicité pour changer son nom en Abbey Road Studios, à l’occasion du onzième album studio du groupe, dont la pochette est ornée de la photo emblématique de John, Ringo, Paul et George traversant le désormais célèbre passage piétons situé près du studio.

abbey road

Les Beatles ont été les plus célèbres bénéficiaires de la compétence technique d’EMI. Leurs premiers disques ont été enregistrés sur des consoles à lampes REDD.37 construites par les laboratoires de recherches d’EMI à la fin des années 50, tandis que la REDD.51 modernisée capturait leur production au milieu des années 60.

En 1966, lorsque les Fab Four enregistrent Revolver – les premières sessions des Beatles dans lesquelles le groupe adopte la technologie de studio comme une composante intrinsèque de leur musique – le personnel du studio fait des heures supplémentaires pour satisfaire la soif apparemment inextinguible du groupe, à la recherche de sons uniques.

Des techniques d’enregistrement inédites initiées par les Beatles

Sur le septième album des Beatles (« Revolver« ) sorti en 1966, considéré comme un album majeur de leur carrière – et de l’histoire de la musique – des douzaines de techniques d’enregistrement sans précédent (voire carrément bizarres) ont été utilisés. Des techniques extrêmes pour l’époque comme la compression de la batterie, l’échantillonnage, les boucles sonores, le backmasking (parties de guitare enregistrées à l’envers) dans le titre « I’m only sleeping » joué par George Harrisson, le découpage des bandes et le recollage aléatoire des morceaux, la modification de la vitesse de lecture de divers éléments, etc. ont rendu dingues tous les ingénieurs du son qui ont travaillé dessus.

Le directeur technique des studios EMI, Ken Townsend, a même inventé le double suivi automatique (ADT) pour répondre au dégoût de John Lennon pour le doublage naturel de sa voix. Cependant, après le solo de sitar déformé et de guitare à l’envers de « Tomorrow Never Knows », Lennon avait un autre effet en tête pour obtenir une voix identique à celle du Dalaï-Lama du haut d’une montage. Il a demandé s’il était possible de l’obtenir en le suspendant à l’envers et en le faisant tourner autour d’un microphone pendant qu’il chantait dans celui-ci.

S’ils avaient eu connaissance de la manœuvre risquée proposée, les avocats d’EMI auraient sûrement rechigné devant les implications en termes de responsabilité, mais l’ingénieur du son Geoff Emerick a trouvé une solution sûre pour obtenir l’effet désiré par Lennon, en faisant passer la voix du chanteur dans le circuit d’entrée de l’enceinte rotative Leslie d’un orgue Hammond.

Le producteur George Martin explique :  » En studio, leurs idées devenaient bien plus efficaces. Ils commençaient par me dire ce qu’ils voulaient, et puis ils me réclamaient d’autres idées et d’autres moyens pour traduire ces idées. En écoutant Revolver, on peut se rendre compte que les garçons écoutaient beaucoup de disques américains et demandaient ensuite : « Est-ce qu’on peut obtenir cet effet-là ? ». Ils voulaient que nous fassions des choses extrêmes, mais cette fois, au mixage, ils utilisaient au maximum l’égalisation : ils voulaient un son très pointu pour les cuivres, mais aussi supprimer toutes les basses. Nous utilisions tout le registre des égalisations sur le disque, et si cela ne suffisait pas, nous le repassions à l’égalisation pour démultiplier. Nous obtenions les sons les plus bizarres, chose que les Beatles aimaient et qui à l’époque fonctionnaient « .

 » De façon incroyable, toutes les pistes de Revolver ont été créées dans le studio, sous nos propres yeux. Les Beatles n’avaient pas répété auparavant, il n’y avait eu aucune pré-production. Quelle extraordinaire expérience ce fut de voir chaque chanson se développer et fleurir confinée entre ces quatre murs ! Quasiment tous les après-midis, John, Paul ou George arrivaient avec une feuille de papier gribouillée avec des paroles ou une séquence d’accords, et en un jour ou deux, nous avions une nouvelle merveille couchée sur bande. À chaque fois, je pensais Wow, à quoi va ressembler la prochaine ?, ce qui me donnait la volonté de rendre le son encore meilleur pour essayer de dépasser ce que nous avions déjà fait « . Geoff Emerick

Les premiers enregistrements multi micros sur une batterie

Aux studios EMI au début des années 60, la pratique standard pour la prise de son d’une batterie était d’utiliser deux micros : un pour la grosse caisse et un overhead pour capter la caisse claire, les toms et les cymbales. C’était peut-être suffisant à l’époque, mais Emerick a commencé à travailler avec les Beatles à une époque où la stéréo était à la mode et où les albums sortaient dans les deux formats.

Il est clair que pour permettre une diffusion stéréo pour le kit de Ringo, une approche multi micros était nécessaire, mais la compatibilité mono était vitale à une époque où les mixages stéréo étaient encore une réflexion après coup, réalisés après les sessions de mixage mono si besoin. Cela nécessitait une gestion minutieuse des relations de phase entre les micros, ce qui n’était pas une mince affaire pour cet ingénieur du son pionnier d’une toute nouvelle technique de prise de son de batterie !

Matériels utilisés aux Studios Abbey Road

Au fil des années et des groupes célèbres qui se sont succédés en ce lieu devenu mythique, vous vous doutez bien que les studios Abbey Road regorgent de matériels incroyables : des magnétos à bandes, des micros vintage aux consoles numériques et analogiques haut-de-gamme, c’est une véritable caverne d’Ali Baba !

Nous avons sélectionné pour vous des rééditions ou matériels toujours d’actualité présents aux Studio Abbey Road et disponibles sur Sonolight.fr, pour mettre un morceau de légende dans votre studio.

Les produits Chandler Limited TG répliquent les éléments de la légendaire console EMI TG12345. C’est le cas du TG1 Limiter Abbey Road Edition, du Préampli/DI 2 canaux TG2 Préamp/DI Abbey Road Edition, le Préampli/EQ TG Channel MKII, le Compresseur/Gate TG-12413 Zener Limiter et le Microphone Cassette.

Chandler limited microphone cassette

L’égalisateur de type Pultec EQP-1A présent dans les studios, trouve une nouvelle vie à travers la copie réalisée par Warm Audio sous la référence EQP-WA ou celle de Klark Teknik EQP-KT. D’autre part, si vous travaillez davantage en numérique sur un DAW, il sera moins onéreux et plus flexible d’utiliser les plug-ins Universal Audio reproduisant avec une parfaite fidélité les compresseurs Urei 1176, Pultec EQP-1A, Fairchild 660 et autres, fonctionnant avec les cartes DSP du fabricant.

Parmi les micros légendaires et d’époque que l’on peut trouver à Abbey Road, certaines rééditions sont proposées même si les composants ne sont pas identiques à ceux d’origine. C’est le cas du Neumann U47 FET « Collector’s Edition » qui offre la couleur sonore si caractéristique du modèle des années 70.

Le micro condensateur à lampe U48 dont la capsule a été créée en 1928 par Georg Neumann, est aujourd’hui disponible en réédition chez Telefunken. C’était le micro préféré du producteur des Beatles. C’est également Telefunken qui redonne vie aujourd’hui au fameux C12, premier micro statique sorti chez AKG. Mais également le Coles 4038, sorti dans les années 50 chez STC.

telefunken u48

Au niveau des claviers, pianos, synthés et orgues, la plupart se trouvent échantillonnés (de façon plus ou moins réussie) en instruments virtuels. Vous en trouverez d’excellents dans la collection Vintage Legends d’UVI ou la V Collection 9 d’Arturia.

Si vous souhaitez rester sur des modèles réédités à partir des versions d’origine, Hammond propose le B3 MK3 + pédalier + banc + support. Même si le prix peut paraitre exhaustif, il n’en reste pas moins une reproduction extrèmement fidèle à l’original, dans les moindres détails.

Et bien entendu l’indissociable cabine Hammond Leslie 3300WP.

Hammond Leslie 3300WP

L’esprit pionnier des innovations du département REDD des années 1950 se poursuit aujourd’hui avec Abbey Road Red, le premier incubateur technologique européen axé sur la musique.

Malgré les hauts et les bas de l’économie et les bouleversements technologiques provoqués par l’Internet, le streaming et les méthodes de production basées sur des logiciels, les studios Abbey Road ont résisté et restent aujourd’hui plus pertinents que jamais, offrant une suite de services en ligne comprenant le mixage, le mastering, son propre label de bibliothèque de musique de film (Abbey Road Masters) et un pôle de production éducatif.

L’existence même du studio a été remise en question en 2009 lorsqu’il a été menacé de vente à des promoteurs immobiliers, mais le gouvernement britannique est intervenu l’année suivante pour préserver le site en lui accordant le statut de Grade II du patrimoine anglais.

Fort d’une histoire de 90 ans, riche en musique emblématique et en innovations techniques, il est incontestablement le studio d’enregistrement le plus célèbre de la planète. Dans dix ans (2031), le studio légendaire fêtera son centenaire avec les musiciens et les mélomanes du monde entier.



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